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Mardi 16 mai 2006

 

Préparation : 30 min
Cuisson : 1 h 15

Ingrédients (pour 4 personnes) :

- 800 g d'épaule d'agneau
- 100 g d'abricots secs
- 1 tasse de thé vert
- 1 oignon
- huile d'olive
- 5 gousses de cardamome verte
- 1 cuillère à café de coriandre moulu
- 1 bâton de cannelle
- 1 cuillère à soupe de miel liquide
- 2 cuillères à soupe de sauce soja
- 1 cuillère à soupe de Maïzena
- 50 g d'amandes mondées
- 8 feuilles de brick
- 1 jaune d'oeuf


Préparation :

Couper la viande en cube de 2 cm de côté.
Ouvrir les gousses de cardamome, et écraser les graines dans

un mortier.

Verser un peu d'huile d'olive dans un wok et faire fondre

l'oignon, ajouter la cardamome et la coriandre moulue, et

faire revenir les cubes de viande.
Laisser dorer de chaque côté pendant 5 min.

Mouiller avec le thé, ajouter les bâtons de cannelle, et laisser

mijoter 30 min.

Ajouter les abricots secs et prolonger la cuisson pendant 15 min.

Dans une poêle, faire griller à sec les amandes pendant 2 min.
Hacher la viande avec les abricots et les amandes.

Superposer 2 feuilles de brick, les garnir avec 1/4 de la farce,

replier en 4, et retourner l'ensemble; dorer au jaune d'oeuf,

et répéter l'opération encore 3 fois : on obtient une petite

pastilla par personne.

Dans un plat allant au four, disposer les pastillas et laisser

cuire environ 30 min à 180°C (th 6).

par evene38 publié dans : Cuisine
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Mardi 16 mai 2006

 

Il y avait une grande guerre en ces temps-là et le roi avait beaucoup de soldats à son service; mais il leur versait une si maigre solde que les soldats arrivaient à peine à en vivre. Trois des soldats, qui en avaient assez, se concertèrent et décidèrent de déserter. Le premier dit aux autres: " Si l'on nous prend, nous finirons sur l'échafaud. Comment donc allons-nous faire? " Le second répondit: " Voyez, là-bas, le champ de blé! Si nous nous y cachons, personne ne nous trouvera. L'armée ne restera pas ici; demain, les troupes doivent lever le camp. " Les trois soldats rampèrent dans le champ de blé et s'y cachèrent. Mais le lendemain, les troupes ne s'en allèrent pas et les trois soldats durent rester cachés durant deux jours et deux nuits. N'ayant rien à manger, étant presque morts de faim, ils se résolurent donc à sortir: " À quoi bon déserter, si c'est pour mourir misérablement? ", se dirent-ils. À ce moment, un dragon flamboyant surgit des cieux et se posa juste devant eux. Il leur demanda alors pourquoi ils restaient terrés là. " Nous sommes trois soldats qui ont déserté parce que de notre solde nous ne vivons pas. Mais de faim nous allons mourir, si nous restons ici; ou sur l'échafaud nous allons périr, si nous quittons notre nid. " " Si vous devenez mes serviteurs pendant sept années, dit le dragon, je vous transporterai au-delà des troupes, si bien que personne ne vous prendra ". "Nous n'avons pas le choix, et devons accepter ", se dirent les soldats. Le dragon les prit alors dans ses griffes, les transporta loin des troupes, et les déposa sur le sol. Il donna à chacun un petit fouet et leur dit: " Frappez et claquez avec ce fouet, et tout l'or que vous souhaitez vous apparaîtra. Vous pourrez mener la grande vie, posséder des chevaux et voyager en voiture. Mais lorsque les sept années seront écoulées, vous m'appartiendrez. " Le dragon n'était nul autre que le diable et il leur présenta un livre dans lequel tous trois durent apposer leur signature. Puis il ajouta: " Toutefois, avant de vous emmener avec moi, je vous poserai une énigme; si vous pouvez la résoudre, alors vous serez libres et je n'aurai plus aucun droit sur vous. " Sur ce, le dragon s'envola et s'éloigna. Les soldats firent claquer leur fouet et obtinrent de l'or en abondance. Ils se firent confectionner de beaux habits et allèrent de par le monde. Partout où ils allaient, ils vivaient dans le bonheur et dans la somptuosité. Ils se promenaient à cheval et en voiture, ils mangeaient et buvaient comme des rois, mais jamais ils ne firent quelque chose de mal. Le temps passait vite et, comme les sept années étaient presque écoulées, les deux premiers soldats devinrent anxieux et apeurés. Mais le troisième leur dit: " Mes frères, ne vous effrayez pas. Je trouverai la solution de l'énigme. " Puis, ils retournèrent dans le champ de blé et s'y assirent. Les deux premiers soldats avaient toujours leur triste mine. Une vieille femme, qui vint à passer, leur demanda ce qui les rendait si triste. " À ce qui nous arrive, vous ne pouvez rien y faire. " " Qui sait, répondit la vieille femme, confiez-moi toujours vos soucis. " Ils lui racontèrent alors que, presque sept ans plus tôt, le diable avait fait d'eux ses serviteurs, qu'il leur avait donné le pouvoir de créer autant d'or qu'ils le voulaient et que si, à la fin de la septième année, ils ne répondaient pas à l'énigme qui leur serait posée, le diable les emporterait avec lui en enfer. La vieille femme leur dit: " Si vous voulez obtenir de l'aide, alors l'un de vous devra aller dans la forêt. Là, il trouvera un amas de roches qui ressemble à une petite maison et il y entrera. " Les deux soldats qui étaient tristes se dirent: " Cela ne nous sauvera pas! "; et ils restèrent assis. Mais le troisième, celui qui était gai, se leva et alla très loin dans la forêt, jusqu'à ce qu'il trouve la petite maison de pierres. Dans la maisonnette, une très vieille dame était assise: c'était la grand-mère du diable. Celle-ci demanda au soldat d'où il venait et ce qu'il voulait. Il lui raconta tout ce qui était arrivé, si bien que la vielle dame eut pitié et décida de l'aider. Elle souleva une grosse pierre qui bouchait l'entrée d'une cave, et dit: " Cache-toi là, et tu pourras entendre ce qui se dira. Reste assis, soit tranquille, et ne bouge pas; lorsque le dragon viendra, je le ferai parler et il me donnera la solution de l'énigme: à moi, il me dit tout. Soit alerte, écoute bien tout ce qu'il racontera. " À minuit, le dragon arriva et demanda son repas. Afin de le contenter, sa grand-mère dressa la table, apporta des victuailles et mangea en sa compagnie. Au cours de la conversation, elle lui demanda comment s'était passée sa journée et de combien d'âmes il s'était emparé. " Aujourd'hui, je n'ai eu guère de succès, répondit-il, mais demain, je doit m'emparer de l'âme de trois soldats. " " Oui!, répondit-elle, trois soldats qui peuvent sans doute encore t'échapper. " Le diable s'exclama d'un rire moqueur: " Ils seront à moi! Je leur ai proposé une énigme à laquelle ils ne pourront jamais répondre! " " Et qu'elle est donc cette énigme? ", demanda la grand-mère. " Je vais te le dire: dans la grande Mer du Nord, se trouve un poisson mort dont sera fait leur repas; dans une côte de baleine sera taillée leur cuillère; et un sabot de vieux cheval leur servira en guise de coupe. " Lorsque le diable fut au lit et qu'il se fut endormi, la grand-mère souleva la grosse roche et laissa sortir le soldat. " As-tu bien fait attention à tout ce qui s'est dit? ", demanda la vieille dame. " Oui, répondit le soldat, je sais ce qu'il faut savoir, et cela m'aidera beaucoup. " Là-dessus, il sortit par la fenêtre et s'empressa de retourner auprès de ses compagnons. Il leur expliqua comment le diable s'était laissé posséder par sa propre grand-mère, et comment il avait finalement obtenu la solution de l'énigme. Les soldats furent tellement transportés de joie, qu'ils prirent chacun leur fouet, frappèrent et claquèrent tant et si bien que le sol fut tout recouvert d'or. Quand les sept années furent complètement écoulées, le diable se présenta avec son livre; il leur montra les signatures et leur dit: " Je vais vous emmener en enfer, et là, un repas vous sera servi. Celui qui saura me dire ce que vous recevrez comme repas, celui-là sera libre; il pourra partir et conserver son fouet. " Le premier soldat dit alors: "Dans la grande Mer du Nord, se trouve un poisson mort dont sera fait notre repas. " Voyant que le soldat avait su répondre, le diable se fâcha et grogna, puis il dit: " Celui qui saura me dire dans quoi seront taillées vos cuillères, celui-là sera libre; il pourra partir et conserver son fouet. " Le second soldat répondit alors: " Dans une côte de baleine seront taillées nos cuillères. " Le diable grimaça, grogna de nouveau, puis demanda au troisième: " Et toi, sais-tu ce qui te servira en guise de coupe? " Le troisième soldat répondit: " Un sabot de vieux cheval me servira en guise de coupe. " Le diable, qui n'avait désormais plus aucun pouvoir sur eux, s'envola en poussant un grand hurlement de colère. Grâce à leur fouet, les trois soldats purent frapper et claquer, et obtenir tout l'or qu'ils désiraient Et c'est ainsi qu'ils vécurent heureux jusqu'à leur dernier jour. 

Auteur : Grimm

par GRIMM publié dans : Contes
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Mardi 16 mai 2006

 

Si vous étiez moins raisonnable.
Je me garderais bien de venir vous conter
La folle et peu galante fable
Que je m'en vais vous débiter.
Une aune de boudin en fournit la matière.
"Une aune de boudin, ma chère !
Quelle pitié ! C’est une horreur !»
S'écriait une précieuse,
Qui, toujours tendre et sérieuse,
Ne veut ouïr parler que d'affaires de coeur.
Mais vous qui mieux qu'âme qui vive
Savez charmer en racontant,
Et dont l'expression est toujours si naïve,
Que l'on croit voir ce qu'on entend;
Qui savez que c'est la manière
Dont quelque chose est inventé,
Qui beaucoup plus que la matière
De tout récit fait la beauté.
Vous aimerez ma fable et sa moralité;
J'en ai, j'ose le dire, une assurance entière.

Il était une fois un pauvre bûcheron
Qui las de sa pénible vie,
Avait, disait-il, grande envie
De s'aller reposer aux bords de l'Achéron;
Représentant, dans sa douleur profonde,
Que depuis qu'il était au monde,
Le Ciel cruel n'avait jamais
Voulu remplir un seul de ses souhaits.

Un jour que, dans le bois, il se mit à se plaindre,
A lui, la foudre en main, Jupiter s'apparut.
On aurait peine à bien dépeindre
La peur que le bonhomme en eut :
"Je ne veux rien, dit-il, en se jetant par terre,
Point de souhaits, point de Tonnerre,
Seigneur, demeurons but à but.

-- Cesse d'avoir aucune crainte :
Je viens, dit Jupiter, touché de ta complainte,
Te faire voir le tort que tu me fais.
Ecoute donc : je te promets,
Moi qui du monde entier suis le souverain maître,
D'exaucer pleinement les trois premiers souhaits
Que tu voudras former sur quoi que ce puisse être.
Vois ce qui peut te rendre heureux.
Vois ce qui peut te satisfaire;
Et comme ton bonheur dépend tout de tes voeux,
Songes-y bien avant que de les faire."

A ces mots Jupiter dans les cieux remonta,
Et le gai bûcheron, embrassant sa falourde,
Pour retourner chez lui sur son dos la jeta.
Cette charge jamais ne lui parut moins lourde.
"Il ne faut pas, disait-il en trottant,
Dans tout ceci, rien faire à la légère;
Il faut, le cas est important,
En prendre avis de notre ménagère.
Çà dit-il, en entrant sous son toit de fougère,
Faisons, Fanchon, grand feu, grande chère,
Nous sommes riches à jamais,
Et nous n'avons qu'à faire des souhaits."
Là-dessus tout au long le fait il lui raconte.
A ce récit, l'épouse vive et prompte
Forma dans son esprit mille vastes projets;
Mais considérant l'importance
De s'y conduire avec prudence :
"Blaise, mon cher ami, dit-elle à son époux,
Ne gâtons rien par notre impatience;
Examinons bien entre nous
Ce qu'il faut faire en pareille occurrence;
Remettons à demain notre premier souhait
Et consultons notre chevet.

-- Je l'entends bien ainsi, dit le bonhomme Blaise.
Mais va tirer du vin derrière ces fagots."
A son retour il but, et goûtant à son aise
Près d'un grand feu la douceur du repos,
Il dit, en s'appuyant sur le dos de sa chaise :
"Pendant que nous avons une si bonne braise,
Qu'une aune de boudin viendrait bien à propos !"
A peine acheva-t-il de prononcer ces mots,
Que sa femme aperçut, grandement étonnée,
Un boudin fort long, qui partant
D'un des coins de la cheminée,
S'approchait d'elle en serpentant.
Elle fit un cri dans l'instant;
Mais jugeant que cette aventure
Avait pour cause le souhait
Que par bêtise toute pure
Son homme imprudent avait fait,
Il n'est point de pouille et d'injure
Que de dépit et de courroux
Elle ne dit au pauvre époux.
"Quand on peut, disait-elle, obtenir un empire,
De l'or, des perles, des rubis,
Des diamants, de beaux habits,
Est-ce alors du boudin qu'il faut que l'on désire ?
-- Hé bien, j'ai tort, dit-il, j'ai mal placé mon choix,
J'ai commis une faute énorme,
Je ferai mieux une autre fois.
-- Bon, bon, dit-elle, attendez-moi sous l'orme,
Pour faire un tel souhait, il faut être bien boeuf !"
L'époux plus d'une fois, emporté de colère,
Pensa faire tout bas le souhait d'être veuf,
Et peut-être, entre nous, ne pouvait-il mieux faire :
"Les hommes, disait-il, pour souffrir sont bien nés !
Peste soit du boudin et du boudin encore;
Plût à Dieu, maudite pécore,
Qu'il te pendît au bout du nez !"

La prière aussitôt du Ciel fut écoutée,
Et dès que le mari la parole lâcha,
Au nez de l'épouse irritée
L'aune de boudin s'attacha.
Ce prodige imprévu grandement le fâcha.
Fanchon était jolie, elle avait bonne grâce,
Et pour dire sans fard la vérité du fait,
Cet ornement en cette place
Ne faisait pas un bon effet;
Si ce n'est qu'en pendant sur le bas du visage,
Il l'empêchait de parler aisément.
Pour un époux merveilleux avantage,
Et si grand qu'il pensa dans cet heureux moment
Ne souhaiter rien davantage.
"Je pourrais bien, disait-il à part soi,
Après un malheur si funeste,
Avec le souhait qui me reste,
Tout d'un plein saut me faire roi.
Rien n'égale, il est vrai, la grandeur souveraine;
Mais encore faut-il songer
Comment serait faite la reine,
Et dans quelle douleur ce serait la plonger
De l'aller placer sur un trône
Avec un nez plus long qu'une aune.
Il faut l'écouter sur cela,
Et qu'elle-même elle soit la maîtresse
De devenir une grande Princesse
En conservant l'horrible nez qu'elle a,
Ou de demeurer Bûcheronne
Avec un nez comme une autre personne,
Et tel qu'elle l'avait avant ce malheur-là."

La chose bien examinée,
Quoiqu'elle sût d'un sceptre et la force et l'effet,
Et que, quand on est couronnée,
On a toujours le nez bien fait;
Comme au désir de plaire il n'est rien qui ne cède,
Elle aima mieux garder son bavolet
Que d'être reine et d'être laide.

Ainsi le bûcheron ne changea point d'état,
Ne devint point grand potentat,
D'écus ne remplit point sa bourse :
Trop heureux d'employer le souhait qui restait,
Faible bonheur, pauvre ressource,
A remettre sa femme en l'état qu'elle était.

Bien est donc vrai qu'aux hommes misérables,
Aveugles, imprudents, inquiets, variables,
Pas n'appartient de faire des souhaits,
Et que peu d'entre eux sont capables
De bien user des dons que le Ciel leur a faits.

 

Auteur : Charles Perrault

par c. perrault publié dans : Contes
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